Collateral
Tivoli, New York State, 2005
La version française est
après la version anglaise.
I projected photographs of mutilated and dead Iraqis on American houses, supermarkets, churches, and parking lots. I was thinking of this new generation of kids who will be traumatized for life by growing up during wartime. It was a desperate gesture: My personal protest for the lack of interest for the non-american victims.
I found the images on the web. Some American soldiers post their own pictures on a website. They would show a cut leg with the caption: “Where's da rest of my shit?” Or a blown up head with the caption: “Needs a hair cut."
I could not help thinking of those images as some kind of restless ghosts that endlessly wander in the intermediate level of the web. I took care of them like a embalmer would; downloading, revamping, printing, rephotographiing, then projecting them as if I was looking for a place where they would rest in peace and at the same time haunt those who pretend not to know what was going on.
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Pendant l’été 2005, j’ai passé mes vacance dans l’état de New York à projeter des images des irakiens blessés ou tués sur les maisons, les églises, les supermarchés.
Il s’agit moins de dénoncer que de confronter deux réalités quasi simultanées: une guerre au loin, sans merci, chaotique, dont nous avons des échos tronqués, filtrés et un pays/décors où tout est paisible, propre, ordonné, surveillé.
Les photographies projetées proviennent du Net. La plupart ont été postées par les soldats américains avec des légendes “humoristiques”; une jambe coupée aura pour titre “ Where is the rest of my shit?”, une tête arrachée, « Needs a hair cut».
Nous retrouvons là le même genre de situations que pour les photos d’Abou Graïb. Il est interdit aux soldats de photographier, pourtant ils le font, puis ils diffusent les images illicites. Quelles sont les motivations derrière de tels agissements ? Ce sont peut être des lapsus visuels : Des images refoulées d’évènements traumatiques qui ressortent inopinément.
Les autres photographies, principalement celles d’enfants blessés ont été récupérées sur des sites dénonçant l’engagement américain. Il y a aussi des
photographies de personnes tuées par les extrémistes musulmans faites par les Américains pour archivage.
Les projections sur les maisons sont comme des stigmas qui hantent, qui choquent, qui renvoient à ce qu’on sait mais qu’on préférerait oublier, qui, par leur incroyable violence, nous rappellent la vraie nature de la folie de la guerre toujours recommencée.
introduction
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